1ère priorité : avoir une justice de qualité
Cela passe par des juridictions de taille suffisante pour garantir un niveau de compétence suffisant. La spécialisation des magistrats n’est possible que si les juridictions ont une certaine taille. Certains dossiers nécessitent des magistrats spécialisés (indemnisation des victimes de l’amiante). Or, aujourd’hui, 54 TGI ont moins de 10 magistrats du siège inférieur. Comment assurer dans ce cas là une justice de qualité ?
Une justice de qualité c’est aussi une justice qui évite l’isolement du juge. Quand un tribunal d’instance n’a pas la taille critique, il ne rend pas bien la justice. L’idée, c’est d’éviter que les drames d’Outreau ne se reproduisent. La Commission d’enquête parlementaire qui a suivi cette affaire l’a bien souligné : la collégialité est nécessaire pour instruire les affaires difficiles, mais aussi pour assurer le tutorat des jeunes magistrats. La loi du 5 mars 2007 a tiré les enseignements de ce drame en prévoyant la mise en place des pôles d’instruction composés de 2 juges d’instruction dès le 1er mars 2008. Or la collégialité est impossible dans les tribunaux de petite taille.
La qualité de la justice, c’est enfin une justice plus rapide : la réforme de la carte judiciaire permettra aussi d’améliorer les délais de traitement des contentieux. Peut-on se satisfaire d’un délai moyen de traitement des affaires civiles de 6,6 mois dans les TGI ? La réforme de la carte judiciaire permettrait de réduire ce délai.
Enfin, il n’est pas question de remettre en cause la proximité de la justice. La France de 1958 n’est plus celle d’aujourd’hui. Le développement des moyens de télécommunication fait que la proximité de la justice n’est plus seulement géographique. Une justice de proximité, c’est une justice ouverte, à l’écoute des douleurs de chacun, ce n’est pas un tribunal à 10 km de son domicile.
2ème priorité : notre carte judiciaire doit refléter les évolutions démographiques, économiques et sociales de notre pays
Les implantions judiciaires n’ont pas connu d’évolution depuis 1958. La conséquence c’est que la carte judiciaire ne correspond plus aux réalités d’aujourd’hui.
Les ressorts des juridictions sont beaucoup trop hétérogènes. Certains comptant 10 187 habitants, alors que d’autres en comptent 67 fois plus.
La qualité de la Justice passe aussi par une bonne gestion du personnel et des moyens. Les moyens sont trop dispersés, le résultat, c’est quoi ? C’est l’impossibilité pour une juridiction de faire face à un congé maternité ou des heures d’ouverture impraticables pour les justiciable. Pire encore, le saupoudrage des moyens peut avoir des conséquences dramatiques sur la sécurité comme à Metz ou Laon. |