Question: Pourquoi une loi d’interdiction de la burqa ?
La question de la burqa en France est un sujet qui touche au principe de laïcité de notre République et à la sécurité des citoyens.
Depuis plusieurs mois, les élus ont beaucoup travaillé sur cette question. Nous avons auditionné très largement : des représentants de la communauté musulmane, des acteurs associatifs, des élus locaux, des juristes avec deux principes : ni stigmatisation, ni banalisation.
François Fillon a clairement rappelé que l'interdiction du voile intégral devait « passer par une résolution » parlementaire fixant « les principes », d'une part et « des textes législatifs réglementaires pour appliquer ces principes » d'autre part.
Je crois que nous sommes tous d’accord pour dire que l'objectif, c'est de faire en sorte que la burqa n'ait pas sa place en France.
Le temps de la décision politique est maintenant venu et nous avons pris nos responsabilités en proposant un dispositif cohérent et évolutif, marquant la position du Groupe UMP sur ce sujet majeur :
une résolution non contraignante mais qui est un symbole fort, pour réaffirmer nos principes et l’attachement de la Nation au vivre-ensemble
un projet de loi, qui pose une interdiction simple avec une contravention pour celui qui se dissimule volontairement le visage dans l’espace public et un délit en cas de récidive.
Question: En pointant du doigt le port de la burqa, ne risque-t-on pas de stigmatiser l’ensemble de la communauté musulmane française ?
Des travaux de notre groupe de travail ressortent deux préoccupations majeures : ni banalisation, ni stigmatisation.
Pas de banalisation, cela veut dire qu’il ne faut pas céder devant des extrémistes qui testent la République sur ses principes essentiels en encourageant le port du voile intégral dans l'espace public.
Pas de stigmatisation de la communauté musulmane de France, cela implique de rappeler que le voile intégral n'est pas une prescription religieuse. Tous les spécialistes de l'islam nous l'ont confirmé, à commencer par Mohammed Moussaoui, Président du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) D'ailleurs, à la Mecque, le port du voile intégral est interdit pendant le pèlerinage, pour des raisons de sécurité. C'est dire qu'il n'est pas question ici d'un débat sur la laïcité ou la place de l'islam. Nous refusons catégoriquement l'instrumentalisation politique de la religion !
Question: Certains avancent des obstacles juridiques ou estiment qu’une loi pour 2000 cas de burqa ne sert à rien ?
La question n'est pas de savoir combien de femmes portent le voile intégral. Ce n'est pas une question de nombre. C'est une question de principe ! Quand bien même, il n'y aurait qu'une femme concernée, une loi aurait un sens !
Concernant les obstacles juridiques, la position des juristes semble unanime.-Les plus hautes autorités juridictionnelles françaises et européennes admettent en effet que des restrictions puissent être apportées au principe de valeur constitutionnelle de liberté d’expression, d’opinion et de croyance au nom d’autres principes de même valeur, dès lors que ces mesures sont justifiées ou, aux termes de la Convention européenne des Droits de l’homme, « nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publique, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». |